L’effet acteur-observateur, est un biais cognitif qui nous fait tendre à attribuer des causes externes (dont nous n’avons pas le control) à son propre comportement, et à attribuer des causes internes (dont nous avons le control) aux comportements d’autrui.


C’est ce biais qui différencie la manière dont nous jugeons un comportement, une performance selon si nous sommes l’acteur ou l’observateur.

En tant qu’en tant qu’acteur d’une situation, nous aurons plus facilement tendance à juger en sur-évaluant notre comportement, notre résultat à une explication situationnelle:  “La météo était mauvaise”, “la lumière n’était pas assez puissante”, “le matériel n’était pas adapté” alors que lorsque nous jugeons les performances des autres en tant qu’observateur, nous avons plutôt tendance sur-évaluer les explications dispositionnelles: “Elle ne s’est pas assez entraînée”, “Il est incompétente”, “ils sont paresseux”, “il ne connaît pas son sujet”, etc…

Cependant, à prendre en considération:

L’acteur et l’observateur n’ont pas toujours accès aux mêmes informations pour développer leurs
croyances quant aux causes explicatives des comportements/événements. L’acteur possède
souvent plus d’informations que l’observateur en ce qui concerne son comportement, et ce même
si ce dernier peut procéder à des inférences. Ainsi, l’observateur a rarement des informations
liées (1) aux conséquences émotionnelles du comportement pour l’acteur, (2) aux circonstances
dans lesquelles prend place un comportement, et (3) aux intentions de l’acteur. Par exemple, un
supporter qui critique un joueur de football de son équipe favorite parce qu’il est selon lui un
« paresseux » qui ne fait pas suffisamment d’efforts ne connaît que rarement le travail fourni par
ce dernier lors des entraînements

Sources: “Le biais attributionnel acteur/observateur en contexte sportif
Olivier Rascle, Alan Traclet, & Geneviève Coulomb-Cabagno
UFR APS, Université de Rennes 2
Laboratoire Didactique, Expertise & Technologie des APS

 


L’effet acteur-observateur n’est pas à confondre avec le biais dauto-complaisance, qui lui fait référence à la tendance que l’on a à attribuer nos succès à des facteurs internes et nos échecs à des facteurs externes.

Par exemple, lorsqu’on rencontre un succès, on aura plus tendance à mettre en avant le fait que “j’ai” travaillé dur,  “je suis doué dans ce que je fais”, “c’est grâce à ma volonté et mon tempérament”, etc….

alors que l’on a tendance à attribuer les échecs à des éléments externes “mon équipe n’était pas complète”, “les joueurs n’étaient pas en forme”, “les questions n’étaient pas claires”, etc… Ce qui généralement nous permets de mieux accepter les échecs.

Maintenant que vous connaissez ces deux biais cognitifs qui font partis des Biais d’attribution, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas les prendre en considération lorsque vous jugerez votre comportement, vos succès, vos échecs et ceux des autres afin de le faire le plus objectivement possible. Si vous souhaitez en connaitre un peu plus, n’hésitez pas à visiter les sources.

Les sources:

Le biais attributionnel acteur/observateur en contexte sportif
https://serval.unil.ch/resource/serval:BIB_2BB1765103A8.P001/REF

ATTRIBUTION CAUSALE, psychologie sociale
https://www.universalis.fr/encyclopedie/attribution-causale-psychologie-sociale/

Effet acteur-observateur
https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_acteur-observateur

Biais d’auto-complaisance
https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_d%27autocomplaisance

Biais d’attribution
https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_d%27attribution#Biais_d’auto-complaisance